Il y a plus de passion à vivre aujourd'hui que jamais

Les sources d'inspiration se trouvent parfois là où on ne les attend pas.

Tu trouveras aujourd'hui une interview de Dustin Hoffman, que je n'ai sans doute pas besoin de te présenter, reconnu pour ses rôles d'antihéros et de personnages vulnérables.

Il est venu récemment dans les studios de France Inter pour parler de son nouveau film, Quartet, où il occupe pour la première fois le poste de réalisateur.

L'histoire de 4 chanteurs d'opéra à la retraite qui décident  d'oublier leur âge pour profiter à nouveau de leur passion.

Tu trouveras ci-dessous l'émission complète, mais l'interview débute à 83' (avec une pause de 89' à 100')

J'ai reproduis l'essentiel en dessous.

"Ce n'est pas d'abord un film sur l'opéra, c'est un film sur le dernier âge de la vie, sur la vieillesse, sur la façon de considérer que la vie n'est pas finie, qu'il y a encore une vie dans ses âges là"

"Je pense que le film pose cette question : qu'est-ce qui est le plus important ?

Faut-il faire ce que l'on aime, même si l'on ne peut plus le faire au même niveau que ce que l'on pouvait autrefois, quand nous étions au sommet ?

Ou alors, faut-il s'arrêter, parce que c'est trop humiliant, c'est trop douloureux, de ne pas être capable de le faire comme avant ?

Le film répond simplement à cette question en disant : chantez !"

(...)

"La contradiction est que votre corps n'est plus ce qu'il était, mais mentalement, spirituellement, vous pouvez peut être en faire encore plus qu'autrefois. Votre esprit peut s'ouvrir, s'élargir. Il y a plus de passion à vivre aujourd'hui que jamais."

Il prend ensuite l'exemple de son ami le champion de tennis Jimmy Connors, qui voulait s'installer à Los Angeles mais cherchait une maison sans cours de tennis parce que cela lui était trop douloureux de ne plus pouvoir jouer comme avant.

"Quelques années ont passé, et il a monté une équipe d'anciens joueurs pro avec laquelle il a fait des tournées. Il a appris qu'il était plus important d'aimer ce que l'on faisait que d'être numéro 1.

L'ego, c'est vouloir être n°1. Je crois qu'être n°1, c'est simplement de la fiction."

Il explique ensuite que parmi les films dans lequel il a joué, ses préférés ne sont pas forcément  les plus connus :

"Il ne faut pas mesurer notre travail à l'aune de la valeur commerciale.

J'ai étudié l'autisme pendant 2 ans, et j'ai essayé de mettre ça dans un personnage. Après que l'on ait terminé le film, quand c'était encore en cours de montage, nous avons invité tous les médecins spécialistes de l'autisme à voir le film.

Nous leur avons ensuite demandé : "Dites nous où nous nous sommes trompés ?"

Ils nous ont tous dit "Vous avez bien fait. C'est exactement ça." C'était ce qu'ils ressentaient de ce handicap.

Il n'y a pas de meilleur sentiment."

Il cite ensuite l'exemple de Tootsie dans lequel des mois de travail sur le maquillage furent nécessaire pour que le rendu soit le plus réaliste possible :

"J'ai trouvé ce personnage en moi, et j'ai trouvé que j'étais une femme très intéressante. Que j'étais intelligente, que j'avais du talent en tant qu'actrice. Et pourtant j'ai senti qu'en tant qu'homme, si j'avais vu cette femme au cours d'une soirée, je ne serais jamais allé la voir, je ne me serais jamais présenté à elle. Je me suis rendu compte qu'on avait lavé mon cerveau. Cela prend tellement de temps à comprendre la beauté. La véritable beauté, qui n'est pas celle que l'on trouve sur la couverture des magazines. C'était une leçon très importante pour moi."

La revanche comme moteur de motivation

"Une des choses qui vous motive est le besoin de revanche. Montrer à tout ces gens qui vous ont tourné le dos qu'ils avaient tort.

Ils ont tort, j'ai du talent. C'est un moteur extraordinaire."

"On voit bien en vous écoutant l'exigence que vous avez eu tout au long de votre carrière. Vous avez eu longtemps cette réputation. Est-ce la vérité ?"

"Ce n'est pas forcément une bonne chose. C'est la première des choses que j'aimerais changer si je pouvais revivre ma vie. J'ai mis beaucoup de temps à me rendre compte que je refusais beaucoup de rôles avec des grands metteurs en scène pour de mauvaises raisons. Je ne m'attendais pas à avoir de succès quand j'ai commencé. (...) Quand tout a basculé cela m'a beaucoup déconcerté. On m'offrait des scénarios, et je disais "Non, je ne veux pas de ça". Je voulais simplement être un artiste, ce qui voulait dire ne pas avoir de réussite commerciale. J'ai donc refusé beaucoup de choses. (...)

J'ai refusé des metteurs en scène exceptionnels. Mais j'ai réalisé beaucoup plus tard que je pensais simplement que ne méritais pas cette réussite. Je trouvais toujours une raison pour dire non. C'était de grosses erreurs. On se sabote tous nous même de temps en temps."

"Vous avez donc refusé des films pour de mauvaises raisons, mais en avez-vous accepté pour de mauvaises raisons ?"

"Parfois. J'étais toujours dit que je ne prendrais pas un emploi pour l'argent. Mais en réalité je l'ai fait très tôt. Le manager disait "Tu as toujours voulu avoir une maison à la campagne, ou une maison en ville ? Alors prend l'argent sur ce film."

Ma femme m'a dit un jour : "Ne prend pas de décision basé sur le scénario. Travaille avec des gens avec qui tu as envie de travailler."

Nous étions très critique à l'époque à l'encontre des acteurs qui avaient du succès. On racontait que Michael Caine écrémait les propositions en demandant :

" - Ça se passe où ?"
" - Dans le sud de la France"
" - Quand?"
" - En été"
" - Je le prends"

Et on le critiquait. Et maintenant je me rends compte qu'il avait raison !

Chaque fois qu'on commence un film, il faut se dire que c'est un long chemin, que les chances sont faibles pour que cela soit une réussite. Le risque est que cela ne fonctionne pas, statistiquement parlant.
Mais il faut tenter."

 

(PS : merci à l'ami Will pour la découverte ;-)

Commentaires

Portrait de Soufiane

Bonjour Coreight,
Merci pour l'article, ça m'a servi beaucoup !
En attendant le prochain article sur la motivation ;)
A+

Portrait de jlbonneure

Merci pour cet article. Beaucoup de sagesse et une grande vérité dans ces paroles, surtout celles concernant la vieillesse, où l'esprit élargi doit apprendre à s’accommoder d'un corps aux capacités rétrécies ! :)

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